
Le yoga Yin est un yoga doux qui, contrairement aux yogas dynamiques, par définition Yang, vise à ne pas créer d’engagements musculaires ou du moins le moins possible. Le répertoire des postures est assez restreint et tourne autour de 25. La tenue de la posture est nettement plus longue, entre 1 et 10 minutes. Il y a donc peu de postures dans un cours. Le but : les tenir en restant dans l’immobilité. Ce qui n’est pas toujours facile, doux ne veut pas dire forcément moins intense. Cela donne l’occasion au mental de se manifester de nombreuses fois et, en général, c’est là que les choses deviennent intéressantes. Les tensions et résistances physiques ne sont que le reflet de notre état intérieur, des choses longtemps accumulées et non évacuées, des schémas de pensées de notre égo pas toujours constructif. Le yoga Yin avec l’absence d’engagement du corps permet d’accéder à plus d’intériorité et d’être face à soi-même. Souvent des émotions refont surface et donnent l’occasion de s’en affranchir. Le cours plus silencieux invite, comme les postures, au recueillement et à laisser les choses nous traverser, à relâcher, à lâcher-prise. Finalement le yoga Yin est un travail d’immersion et d’intension en donnant de l’attention aux tensions.
Techniquement, le yoga Yin, du fait de l’absence d’engagement musculaire, va permettre de travailler en profondeur sur les tissus dits « plastiques », les tissus conjonctifs, constitués notamment des os et cartilages, des ligaments, des tendons, mais aussi des fascias. Ce travail va contribuer à réhabiliter la mobilité des articulations et à les renforcer. Il permet également de gagner en ouverture et avec l’étirement des muscles le corps progressivement s’assouplit.
Le travail du souffle est important et est une des clés permettant de progresser dans la pratique. La respiration est soit naturelle soit Ujjayi, elle est profonde et complète (c’est à dire qu’elle est aussi ventrale alors que dans les yogas dynamiques la respiration est thoracique).
Enfin, le yoga Yin est, comme son nom l’indique, inspiré du Taoïsme et de la médecine traditionnelle chinoise avec notamment les 12 systèmes-méridiens, axes énergétiques reliés aux organes et viscères du corps que l’on va stimuler par acupression avec les postures. La sortie de chaque posture est suivie d’un temps d’intégration permettant d’en assimiler les effets, en conscience des énergies mises en mouvement. La lenteur est requise et le déplacement entre chaque posture réduit à son minimum.
